Réseaux sociaux vers un nouveau business model ?

by Mélanie Chamaah on in Stratégie, Social media

Quel est le futur des média sociaux ?

C'est en essayant de répondre à cette question, que je me suis rendue compte que le futur des média sociaux était intimement lié à l'évolution stratégique envisagée par les détenteurs des réseaux sociaux (c'est parce que Facebook a décidé de lancer les vidéo live que nous avons une toute nouvelle approche du community management).

Futur également lié à l'histoire du web, des sites internet en général. Ne pouvons-nous pas parler d'histoire du web dorénavant ? Avec plus de 20 ans d'existence, j'ai l'impression que nous pouvons diviser cette jeune histoire en deux parties majeures : les 10 premières années avec l'évolution et la professionnalisation du secteur digital (sites web, régie, moyens de paiement, organisationnel...) et les années depuis 2007 avec l'arrivée des réseaux sociaux.

Les grandes tendances 2017 dans les réseaux sociaux, et ... ?

J'ai recherché sur Internet l'évolution probable des grands média sociaux et souvent j'ai trouvé les grandes tendances 2017 ... 

Je pourrais donc vous parler de l'avancée dans la relation client "featurée" par Facebook avec ses réponses automatiques, le développement de son Messenger et surtout l'avènement en force du chatbot...

Encore sur Facebook, le développement majeur du Business Manager avec notamment le catalogue de produits et le développement de plus en plus pointu des publicités dynamiques.

Je pourrais donc vous parler de l'axe mobile de Youtube avec la possibilité de filmer en vertical et d'enregistrer en live les vidéos... car les vidéos sont dans la main (de la production à la vision). Du développement de studios d'enregistrement dans les bureaux Google du monde entier pour accroitre la qualité des vidéos.

Je pourrais donc vous parler de la stratégie contenu opérée par LinkedIn avec l'acquisition de Slideshare et la création de son blog. Le développement de services développé pour faciliter les contacts business avec Opportunity et l'accès incognito réservé aux recruteurs.

Je pourrais donc vous parler de la transparence, cheval de bataille 2017 de Twitter avec les mises à jour de "son personal data access".

Enfin, je pourrais vous parler de la stratégie d'Instagram pour tuer Snapchat ....

Mais ma vraie question pour m'aider à analyser (deviner:-) le futur des média sociaux est plutôt:

Quel est le big picture des stratégies des réseaux sociaux ?

Quelle est leur stratégie ? Quels types de services ? Qui visent-ils ? C'est en effet, en essayant de découvrir leur stratégie générale, qu'il me sera possible d'établir le futur des réseaux sociaux.

Qu'est-ce qui définit pour moi le succès d'un réseau social ? En résumé, en gros, je définis un réseau social par 4 points :

  1. Les personnes : il doit y avoir des personnes qui visitent de manière reccurentes un réseau social pour qu'il est du succès. Youtube, pour voir des vidéos, Instagram, pour visionner les vidéos et photos des amis, folowers et stars, ...
  2. Le contenu : le réseau social doit fournir des formats de contenu en accord avec les attentes des personnes. Facebook avec les Facebook live, Instagram avec les stories, ...
  3. Le data: les "méta données"; le succès d'un réseau social dépend également de l'exploitation des données utilisateurs, des habitudes, etc... Quelles sont les données qui sont encodées ? Quelles sont les analyses qui peuvent être faites ? etc.
  4. Le revenu : quel est le revenue model d'un réseau social ? Un flat fee ? Un coût par clic ? un coût par impression (CPM) ?

Chaque réseau social a ses spécificités et chaque réseau social a des points faibles et des points forts.

Si l'on prend le cas de LinkedIn, le point faible le plus important est le point "les personnes". Même si de nombreuses personnes sont inscrites sur le site, peu le visitent. Il n'y a pas vraiment de raison pour y retourner tous les jours. Le coût des publicités est donc élevé (CPM) et la portée n'est pas garantie. Pour pallier à ces points faibles, LinkedIn a acquis Slideshare et a développé l'ergonomie des statuts sur sa plateforme. L'objectif est donc de permettre la création et l'exploration de plus de contenu pour attirer les personnes sur le site. je ne serais pas étonnée que LinkedIn acquière Medium dans un futur proche ...
En même temps, afin de quand même augmenter ses revenus, LinkedIn a lancé l'inMail, qui lui permet d'engrenger du revenu sans devoir nécessairement avoir des personnes sur son site. le coût se fait par envoi et non par ouverture de l'inmail... qui permettra d'attirer en second bénéfice, les personnes sur le site car souvent à chaque message reçu sur Linkein, une notification email est envoyée.

Par ailleurs, LinkedIn déploie une stratégie de plus en plus particulière pour chaque cible : les spécialistes RH avec le flat fee, les opportunités pour les commerciaux, etc.

 

Youtube, comme filiale de Google, a suivi le modèle de répartition appliqué par Google: à savoir rémunérer les créateurs de contenu. Facebook suit d'ailleurs cette approche puisque dans certains cas, maintenant, il est possible de se faire rémunérer si l'on diffuse des vidéos (mais seulement les vidéos il me semble !).

 

Et le business model de Facebook ?

J'ai analysé le "big picture" de Facebook à part car c'est celui qui je pense aura le plus d'impact sur le futur des réseaux sociaux. Pour essayer de ne pas vous perdre dans mon raisonnement, je vais repartir un peu en arrière, me promener un peu dans l'histoire du web ...

Petit historique du web entre 1997 et 2007

On va dire grosso merdo que le web a commencé à voir s'éclore de nombreux sites avec des gifs animés dans tous les sens, les liens hyper-textes en violet (je parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) à commencer vers 1995-97.

A cette époque, il n'existait pas encore tous les métiers du web, mais beaucoup de personnes qui tâtaient et expérimentaient.

Les premières classifications de site sont apparues :

  1. Les sites vitrine : il s'agissait de mettre en ligne des plaquettes commerciales, images et textes principalement. On parlait alors de sites statiques.
  2. Les sites interactifs : plus sophistiqués, ces sites offraient notamment un formulaire de contact voire même la possibilité de s'inscrire à des newsletters.
  3. Les sites transactionnels: ces sites avaient pour objectif de vendre sur Internet. Un site transactionnel n'impliquait pas forcément de pouvoir payer en ligne.

Pour avoir accès à ces sites, il y avait Netscape puis Internet Explorer.

Très vite, vue l'explosion du nombre de sites, des moteurs de recherche sont apparues. Deux types principalement de moteurs :

  • Les sites index comme Yahoo: sorte d'annuaire qui référençait tous les sites selon des catégories.
  • Les sites mots-clé: Google qui a commencé à référencé les sites suite au meta-tag que l'on ajoutait dans le header. Qui ne se souvient pas des tricheurs qui rajoutait Pamela Anderson dans leurs mots-clés pour avoir plus de visites !

Durant ces 10 années, la profession n'a pas arrêté de se professionaliser et de nombreuses innovations techniques ont permis de contrecarrer les freins au développement de la digitalisation. Je peux en lister certains comme :

  1. Ouvrir Internet aux non geeks : le web blog, le WYSYWYG, Shopify, les plug-ins, les CMS. tout a été mis en oeuvre pour permettre à toutes personnes qui souhaitent créer une présence sur le net de le faire.
  2. Sécuriser les paiements: l'un des plus grands freins au eCommerce a été pendant des années la peur de communiquer ses informations financières sur le réseau. Avec l'avènement de Paypal, le développement des solutions de ebanking, Ogone, etc. les personnes sont maintenant habituées à acheter sur Internet.
  3. Augmenter la bande passante: diminuer le temps de chargement, permettre d'uploader des vidéos, etc.
  4. Augmenter les capacités: le fait que l'on a des mini ordinateurs dans nos mains en lieu et place des anciens GSM permet d'augmenter le nombre de personnes touchées et l'instantanéité des transactions.
  5. Améliorer le référencement : du mot-clé inscrit dans le header, nous sommes passé à la recherche full-text qui rend difficile la triche dans le contenu d'un site web.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous parle de tout ça ? Cette évolution a fortement bénéficié aux réseaux sociaux. Et va permettre la conclusion que vous lirez en bas sur ma future vision de Facebook.

Question revenue model, de nombreux essais ont été tentés durant ces 10 premières années pour essayer de devenir un business rentable sur Internet. Du bannering à Google Adsense, en passant par le % des transactions pour l'uberisation, tout est loin d'être résolu mais des modèles propres à Internet ont émergé.

Le nouveau business model de Facebook

Bénéficiant de toutes ces avancées, Facebook avance lentement mais sûrement vers un nouveau positionnement dans la communication digitale.

Facebook aussi a commencé en ne permettant que des statuts texte et de photo. Facebook aussi ne permettait pas vraiment d'affiner la recherche dans son contenu.

Finalement le rôle de Facebook pour les marques était d'être un traffic driver vers leur site web et de permettre de rester en contact avec leurs fans et clients via la publication de statuts photos et liens.

On en est de plus en plus loin !

Facebook bénéficie de tous les avantages : les marques, le travail en amont pour la transformation digitale,  l’amélioration de la sécurité des modes de paiement, la logistique qui s’est améliorée pour permettre le transport de tous les paquets, …

Facebook is the new website!

Si l'on voudrait différencier les SEO/ SEA des réseaux sociaux, que pourrait-on dire ? Basés sur des mots clés, les recherches sur Google visent les personnes qui ont un besoin spécifique au moment où ils le demandent : "déménagement Bruxelles" "agence de social média" etc.

Sur Facebook, en revanche, c'est différent. Les personnes y sont c'est tout ! Plusieurs fois par jour pour beaucoup d'entre elles, elles s'y rendent pour lire les statuts des amis, regarder les vidéos buzz, rechercher des promos, des concours, contacter une marque, découvrir une marque, vivre des émotions d'un évènement etc.

Le plus grand asset de Facebook est que les personnes y sont et y sont souvent !

A partir du moment où les personnes y sont, pourquoi ne pas créer un Micro (enfin micro:-) internet ?

 

Toutes les innovations technologiques de Facebook visent à terme à remplacer les sites internet des marques. A quand l'invention de la Facebook card pour payer des produits et services comme la carte iTunes ? !

Et donc pour répondre à la question du futur des média sociaux, je dirais que comme pour Internet, cela se professionalise, les mêmes questions que pour le site internet vont devoir se poser: quel genre de présence souhaitez-vous sur les réseaux sociaux ? 

 Lien vers la présentation complète sur Slideshare

Save

Save

Save

Save

Save

Save

Save

Save

Save

Save